Jean-Marc avale des gélules de caféine pour tenir la distance derrière le volant de son camion.


Sabine carbure aux bêtas-bloquants pour garder le sourire en toute circonstance au guichet d’accueil des réclamations.


Rachid, jeune cadre prometteur, use et abuse de petites pilules pour être plus performant intellectuellement et relever le défi du projet dans lequel il est inclus.


 

Vous croyez que le monde de l’entreprise est loin des phénomènes de dopage comme on peut les rencontrer dans le monde sportif ?

 


Voici des chiffres qui pourraient vous faire réviser cette appréciation :


-         15 à 20% des accidents mortels du travail sont imputables à l’usage de substances psychoactives.

-         un sondage de l’Ifop (en 2006, déjà !) demandait aux salariés ce qu’ils utilisaient pour faire face aux moments critiques dans leur travail : 3% déclaraient toucher aux drogues : cannabis, haschisch, cocaïne. 10% aux médicaments euphorisants (antidépresseurs, amphétamines) 12% aux somnifères, 56% aux stimulants sur-vitaminés. Chiffres en augmentation depuis les années de crise…

-         1 cadre sur 5 serait dopé.

 

 

 

Cachez ce problème !


Longtemps, les entreprises se sont voilées la face, parfois ignorante de l’ampleur du problème, parfois refusant de le considérer comme étant de leur ressort.


Si l’alcool tient le haut du palmarès des conduites addictives, repérées et combattues en entreprise, l’utilisation de drogue illicite ou de médicaments commencent à préoccuper les directions qui s’avouent tout de même assez démunies sur les actions à mener pour prévenir le phénomène.


Pourtant,  il y a urgence !


L’ampleur du problème allant grandissant, les entreprises sont plus que sensibles à l’implication juridique qui en découle…


La  responsabilité civile de l’employeur peut être en cause en cas d’accident du travail qui serait lié à la consommation ou à l’introduction de drogues dans l’entreprise !


Il en serait de même en cas de dommage causé à d’autres collaborateurs ou à des tiers par un salarié ayant consommé de la drogue.


Et enfin, un délit serait caractérisé par l’exposition du personnel à un risque de mort ou de blessure, et ce, par violation d’une obligation de sécurité…

 

Comme on le constate, il en va de la notion légale de santé et de sécurité au travail.

 


 

Mais pourquoi l’addiction ?


Dans le domaine de la santé et de la sécurité, mieux vaut prévenir que guérir et la question qui fait mal est bien celle-là : POURQUOI ?


Qu’est-ce qui pousse mes salariés fictifs Jean-Marc, Sabine et Rachid, à se mettre en danger ?


Sont-ils des délinquants ?


Absolument pas, ce sont des salariés lambda qui sont entrés dans le cercle de la performance à tout prix. Leurs conduites addictives sont tournées vers la quête et le maintien d’un état de performance.


Pour conserver un emploi, pour en trouver un parfois, pour évoluer, pour ne pas se faire dépasser par un monde du travail qui pousse à une course effrénée…


 

Rester dans la course, on pourrait se dire qu’il s’agit là d’une préoccupation de trader. Au-delà du cliché du golden-boy le nez dans la cocaïne,  les dopés d’aujourd’hui se retrouvent dans tous les métiers et dans toutes les catégories : cadres, routiers, commerciaux, techniciens, ouvriers, caissières… n’importe qui peut être tenté de recourir à un produit licite ou non pour répondre à la pression exercée par le monde du travail.


Cela n’est pas sans dangers pour la santé des personnes et des tiers : on ne peut user à longueur de journées d’alcool, des tranquillisants, du cannabis, des amphétamines, de la cocaïne sans en subir des conséquences à plus ou moins long terme.

 


 

Tous dopés !


Soyons clair, à partir du moment où nous cédons à la tentation d’user d’un médicament ou d’une substance en dehors d’un traitement médical et dans le seul but de bénéficier de ses effets pour être plus performant, nous banalisons la notion de dopage et nous la laissons entrer dans nos vies.


Et donc au travail !

 

 

 

Les entreprises ne voient pas  - ne veulent pas voir ? -  ce qui s’apparente à un problème personnel du salarié mais qui est induit par le culte de la performance à outrance, sans trêve aucune.


La pression est intense et la tentation est alors grande de trouver des béquilles pour la supporter…


Comme les 3 singes de la fable, la société au sens général du terme  a choisi longtemps de ne pas voir, ne pas entendre et encore moins d’en parler …


 

Avec la prévalence des thématiques de santé et de sécurité au travail mais aussi de bien-être et de prévention des risques psychosociaux, les entreprises s’emparent petit à petit du sujet et se lance dans des programmes de prévention et d’accompagnement des salariés avec le concours des CHSCT entre autres.


Reste à ne pas se tromper de cible et à ne pas commettre d’impair !


Le salarié en addiction doit avoir la  garantie du respect et de la confidentialité de sa situation.

 

Les entreprises doivent se pencher sur leur mode de fonctionnement qui encourage – involontairement – des comportements mettant non seulement en danger les salariés eux-mêmes mais aussi l’entreprise dans sa totalité.

 


 

Pour aller plus loin, consultez ces ressources :


Risques et prévention par l’INRS

http://www.inrs.fr/accueil/footer/presse/cp-addiction.html


 

Dossier « dangers et risques, spécial addictions » sur Travailler Mieux (site gouvernemental)

http://www.travailler-mieux.gouv.fr/Addictions.html

 


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