Nous sommes dans une relation ambivalente avec le travail.


Nous nous répétons que la vraie vie est ailleurs qu’au travail, auprès de nos amis, de notre famille, dans nos activités personnelles, dans le farniente, la jouissance  sans contrainte de la vie.


Hors, dès que nous sommes privés de travail, que ce soit lors d’une période de chômage, un départ en retraite  ou  pour tout arrêt voulu ou imposé par des aléas  externes, nous traversons une période de flottement plus ou moins longue et plus ou moins intense.


Au-delà de la source de revenu que représente le travail, nous mesurons mal son poids dans notre vie, dans ce qui fait notre existence.


Le travail, le fait de sortir de chez soi pour participer à un effort collectif, mener des activités définies, nous structure personnellement en sus de structurer notre vie quotidienne.


Le travail participe à notre identité sociale – combien de personnes se déterminent avant tout par leur profession lorsqu’on leur demande de se définir. La société elle-même nous définit à renfort de classement dans des catégories professionnelles, d’activités ou socioprofessionnelles.


Il est aussi l’un des moteurs de notre vie et de notre sensation de bien-être : estime de nous-même, capacité à faire des projets, implication dans les relations sociales.


La perte du travail a ceci de déstructurant qu’elle induit l’impossibilité de se projeter dans l’avenir, dans notre avenir et modifie profondément notre rapport dans et avec le temps social général.


Mais il y aussi un autre danger rattaché au travail : lorsque l’individu pourtant occupé à une activité professionnelle  n’y  retrouve plus la possibilité de définir son identité sociale car les cartes sont trop brouillées, illisibles, ininterprétables. L’individu ne parvient plus à tirer la moindre fierté de son activité ou de ses réalisations. Il ne se reconnait plus dans le collectif qui devient lui-même indéfinissable jusqu’à en devenir une coquille vidée de sens et d’objectifs. Le travail glisse dans la pente de l’indéfendable à ses propres yeux. Ce qui est censé apporter une structuration concoure à la détruire.


C’est au moment où l’individu ne peut plus jamais défendre ou  justifier son travail que le danger de la souffrance au travail devient préoccupant.


Ne plus être en mesure de parler de son travail qui occupe une partie des plus importantes de la vie en terme de temps passé, considérer qu’on occupe ses journées comme on remplirait une baignoire trouée, voilà ce qui fait le lit de la perte d’énergie psychique et qui augmente le risque sur la santé psychique et physique.


Nous sommes donc devant une situation de perte du travail en tant que structurant de l’identité sociale et de l’identité de l’individu mais aussi de perte du « sens du travail » et de perte du « sens au travail ».


Si le « sens du travail » se rapporte aux activités et aux tâches rattachées à une fonction, le « sens au travail » concerne les relations que l’individu entretient avec ses collègues, sa hiérarchie, ses interlocuteurs internes ou externes à l’entreprise etc.


La perte de sens attribuée au travail agit intimement sur l’identité de l’individu.

 

La prévention de ce type de risque en entreprise a un nom : prévention des RPS (risques psycho-sociaux).


 

A suivre : illustration des facteurs de risques.

 


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