Si vous écoutez le discours consensuel des entreprises, vous les entendrez clamer haut et fort l'importance supposée qu'elles donnent aux ressources humaines...

 

C'est beau, c'est pseudo-humaniste, ça me ferait presque verser une petite larme, un discours aussi merveilleux, politico-socialement correct provenant des hautes directions de nos chères entreprises.

 

Mais comme « c'est celui qui dit qui est », la réalité est plutôt différente voire franchement contraire.

 

Pour de beaux et larmoyants discours démagogiques combien de « bouates » ultra mécaniciennes qui dévorent leurs salariés comme je picore dans un sachet de MetM's ?

 

Petit rouage ne deviendra pas grand et il n'y a rien de plus facilement interchangeable et jetable au rebus qu'un petit salarié qui s'avère ne plus être conforme aux besoins pré-formatés de son employeur !

 

Employabilité tout au long de la vie, égalité des chances, gestion des compétences, bien-être au travail, enrichissement humain... oui d'accord mais il vaut mieux être dans le moule du
« - 50 ans, homme, dégagé de toute obligation mais pas trop car ça fait désordre, diplômé du supérieur mais pas trop gourmand pécuniairement et savoir la fermer surtout lorsqu'il faut tirer sa révérence... ».

Je rêve du jour où les entreprises comprendront enfin que les hommes qui la composent sont un élément stratégique et indispensable en tant qu'êtres, expériences, possibilités d'avancer et de bâtir.

Je rêve du jour où on ne parlera plus de « ressources humaines » (ressources mécaniques ? ressources de matières premières ? res-sources de conflits ?) mais de RICHESSES humaines...

 

J'attends l'avènement d'un nouveau système de pensée qui germerait dans l'esprit des décideurs et qui leur permettrait de voir des hommes et des femmes là où il ne voit que des alignements désespérant de chiffres  et une hausse de cours d'actions en parallèle de plans sociaux...

 

L'attente est longue et, avec mes petits camarades fantassins de la « DRH nouvelle donne », nous piaffons d'impatience, nous rongeons notre frein, nous nous épuisons à tenter de planter la graine du changement dans des têtes qui peinent à ouvrir les yeux et à se souvenir qu'elles appartiennent à un vague organisme vivant et humain.*

Pire, le ver étant dans le fruit, nous sommes contraints de souquer ferme face à des traitres à notre cause. Ces fameux DRHACHES, oui, H comme HACHE, ceux qui coupent, massicotent impitoyablement, rognent, étêtent, privent l'organisation de son souffle humain à force de se confondre avec une direction financière stricto sensu.

De l'air, on étouffe!

Ces DRHACHES ne conçoivent plus leur métier que comme une longue liste de chiffres à manier, de ratios à améliorer, de plans sociaux juteux à élaborer, enfermés dans leurs bureaux-tour d'ivoire, bien loin de ce qui fait le cœur de notre métier : une certaine proximité avec les acteurs de l'entreprise, une bonne dose d'empathie, un jonglage (que dis-je, un exercice d'équilibriste !!) entre les aspirations de salariés et les besoins d'une société.

En un mot comme en cent, faisons la promotion du respect sous toutes ses formes, de ce qui est vraiment important : l'humain, celui sans qui rien n'est possible, celui qui doit être considéré tout simplement.

Car seul, rien n'est envisageable à long terme et le mur est trop haut à escalader sans le cumul des capacités.

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