« De toute façon, je ne te connais pas, je ne t’ai jamais vu, tu es un numéro dans le réseau et je vais t’écraser ! ».

 

 

 

 

 

« La concurrence économique exacerbée par la mondialisation pousse chacun, bon gré mal gré, à entrer dans une logique de guerre dont les premières victimes sont au bout du compte la compassion, l’entraide et la solidarité. »

Serge Tisson, in « L’empathie au cœur du jeu social », Editions Albin Michel.

 

 

 

 

Cette citation issue de l’ouvrage de Serge Tisson explique plutôt bien ce que nous constatons dans la dureté exponentielle des échanges entre êtres humains.

 

Nous assistons à la banalisation et à la multiplication de relations de plus en plus désincarnées, c'est-à-dire sans rattacher un visage ni établir un réel contact dans l’échange (relations amicales, réseaux sociaux, collègues numériques).

 

Cette désincarnation de la communication a pour effet de toucher à l’une des composantes fondamentales qui fait partie du socle de base de toutes les relations humaines : l’empathie.

Pire, celle-ci devient suspecte. Laisser s’exprimer notre capacité à nous désoler et à nous réjouir pour autrui est assimilé à une menace, l’autre devient un suspect prêt à nous jeter dans un lac délétère de sentiments.

 

S’ouvrir aux autres est assimilé à un péril dont il faut absolument se préserver.

 

C’est là une des problématiques de la souffrance au travail. L’empathie y est très difficile à développer dans un monde tourné vers la glorification de l’esprit de compétition et de victoire à n’importe quel prix. Il est donc logique de refuser que les émotions (positives comme négatives) viennent perturber la route vers la réussite.

 

Pourtant, l’empathie n’est pas une position de faiblesse mais bien une force : voir le monde du coté de l’autre, comprendre ses besoins, ses forces et ses faiblesses, accepter ses différences et apprendre à composer avec elles…

 

Ne serait-ce pas là une des composantes du respect et de l’ouverture d’esprit ?

 

Et pour ceux que la guérilla professionnelle intéresse, allez donc faire un tour vers un de mes anciens articles :  « Yes Sir » ou le bellico-management d’entreprise. 

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