Parce qu’il n’y a pas de fumée sans feu, chaque logement devra être pourvu d’un détecteur de fumée avant mars 2015.

Pourquoi, comment se doter de ce petit appareil sans tomber dans la panique des « gilets et triangles de signalisation » *…

Toutes les deux minutes, un feu domestique se déclare en France, cet incident causant près de 800 morts par an. Or, c’est au moment du début de l’incendie que tout se joue, notamment si le sinistre se déclare la nuit lorsque les personnes sont endormies.

Pour lutter contre ce qui ne doit pas être considéré comme une fatalité, tous les lieux d’habitation devront être équipés d’un détecteur de fumée avant le 8 mars 2015.

Comme pour tout équipement touchant à la sécurité, l’appareil choisi devra être pourvu d’une norme européenne harmonisée NF EN 14604 garantissant son efficacité.

Néanmoins, c’est bien la bonne mise en place et la bonne utilisation du détecteur qui lui conférera tout son intérêt.

Mode d’emploi…

Comment choisir mon détecteur ?

Tout d’abord, vérifiez que l’appareil est bien conforme et qu’il porte la norme NF EN 14604 ainsi que précisé plus haut.

Vous trouverez des détecteurs à tous les prix, la moyenne se situant dans une fourchette de prix de 10 à 20 euros. Tout dépendra des options que votre appareil vous proposera (interconnexion, pilotage à distance…) et surtout de l’autonomie affichée par la pile c’est-à-dire de 1 à 5 ans. Certains appareils sont même annoncés pour une durée de 10 ans mais la pile est souvent non-remplaçable.

Vous trouverez également des détecteurs vibrant ou émettant un signal lumineux, des options intéressantes pour les personnes sourdes ou malentendantes.

Qui, du propriétaire ou du locataire, doit installer le détecteur?

Vous êtes locataire ? Votre propriétaire doit normalement fournir et procéder à l’installation du détecteur. En tant que locataire vous devez l’entretenir, c’est-à-dire changer les piles et le remplacer s’il devient défaillant. Le renouvellement est donc à votre charge. Pour les logements déjà occupés au moment de l’entrée en vigueur de l’obligation, il est également admis que le locataire se charge de la fourniture et de la pose de l’appareil, le tout remboursé par le propriétaire.

Vous êtes propriétaire ? Vous devez installer un détecteur dans votre bien, que vous l’occupiez ou non…

Où installer mon détecteur ?

Si vous vivez dans une maison à plusieurs niveaux, mieux vaut installer un détecteur à chaque étage.

Si vous vivez dans un appartement, installez le détecteur dans le couloir ou dans un dégagement menant aux chambres. Évitez de le placer trop près de la cuisine et de la salle de bain, ces pièces sont sources de vapeur ce qui interférera avec l’appareil.

Concrètement, fixez votre détecteur le plus haut possible et à distance des murs. Si votre plafond est incliné (cas des mansardes par exemples), placez l’appareil sur la pente et non au sommet de la pièce. Ainsi, vous gagnerez des précieuses minutes en cas de sinistre…

Existe-t-il des installateurs agréé ou mandaté par l’État ?

Non. Si vous êtes l’objet d’un tel démarchage, sachez que l’État n’a ni agréé ni mandaté d’installateur…

J’ai entendu parler d’une attestation pour mon assureur ?

En effet, la pose du détecteur - et donc le respect de cette nouvelle obligation -s’accompagne en toute logique d’une attestation à fournir à votre assureur.

Magnanimes, un bon nombre de fabricants de détecteurs a prévu une attestation toute faite avec la vente de l’appareil. Vous n’avez plus qu’à la remplir et à l’envoyer à votre assureur.

Et cet envoi sera tout à votre avantage puisque l’article L122-9 du Code des Assurances indique que l’assureur peut prévoir une baisse de la prime ou de la cotisation si vous avez effectivement installé un détecteur de fumée.

À l’inverse, il pourra appliquer une franchise en cas d’incendie si le détecteur de fumée n’a pas été installé…

Une bonne raison pour ne pas faire l’impasse sur l’obligation !

Pour finir, gardez à l’esprit les consignes de sécurité de base en cas d'incendie :

N'encombrez pas les paliers et les circulations. Des poussettes, des vélos ou autre éléments entreposés sur les paliers ou dans les parties communes seront de sérieux obstacles pour les victimes comme pour les pompiers.

Prenez connaissance des consignes de sécurité apposées dans les habitations collectives. Mieux vaut repérer les issues de secours avant que pendant…

Dès que vous constatez le sinistre, un seul réflexe : appelez ou faire appelez les pompiers !

Si vous devez vous déplacer, prenez les escaliers, jamais l’ascenseur.

Si vous vous trouvez dans la fumée, couvrez votre bouche et votre nez et baissez-vous. L’air frais et respirable sera au sol.

Si l’incendie se déclare chez vous et s’il vous est impossible de l’éteindre, ne restez pas dans votre habitation.

Sortez le plus vite en prenant la précaution de fermer votre porte. Le feu sera contenu plus longtemps.

Si l’incendie se déclare au-dessus de chez vous, partez par l’issue la plus proche.

Si l’incendie se déclare sur votre palier ou en-dessous de chez vous, le plus sûr est de rester dans votre domicile. Vérifier que votre porte est bien close et mouillez-là. Vous gagnerez un temps de répit appréciable qui permettra aux secours de venir vous sortir de ce mauvais pas.

Signalez votre position, manifestez-vous pour aider à votre repérage.

*Pour ceux qui auraient oublié, la loi a rendu obligatoire la détention d’un gilet de sécurité et d’un triangle de signalisation par les automobilistes et ce, depuis le 1er octobre 2008. À l’époque, la ruée dans les magasins d’équipement avaient conduit à une pénurie rendant impossible le bon respect de la loi. Situation réitérée par la suite avec l’éthylotest…

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